Lutte contre les braconniers : La FNPSA en première ligne

Samedi 28/10/2017 à 09H54

MarseilleCalanques : la police maritime avait levé le loup…

Le récent coup de filet sur l’équipe de braconniers du Parc des calanques, aboutissement d’une longue enquête des forces de l’ordre, a provoqué des réactions au sein de la Fédération nautique de pêche sportive en apnée

Photo Valérie Vrel / illustration

Le démantèlement récent de l’équipe de braconniers qui sévissait depuis des années dans les eaux protégées du Parc national des Calanques, constitue l’aboutissement d’une longue enquête qui a mobilisé plusieurs services de police et de gendarmerie. 

Coup de filet chez les braconniers des mers

Dans le collimateur de la Brigade maritime de la Police nationale qui surveillait leurs faits et gestes depuis de longs mois, les quatre suspects étaient loin de se douter qu’un coup d’arrêt aussi soudain que radical, serait donné à leur très lucrative activité de pêche illégale. Comme l’explique le major Philippe Brunetti qui dirige la brigade, les policiers maritimes n’ont pas hésité à payer de leur personne pour mener à bien leurs investigations, multipliant les planques par tous les temps afin de recueillir le maximum d’informations, notamment en observant les flots depuis des caches situées aux alentours du cap Croisette, au moyen de puissantes jumelles. D’autant qu’une lettre anonyme avait conforté leur conviction que ces plaisanciers très particuliers ne sortaient pas en mer uniquement pour le plaisir…

Connus “comme le loup blanc” dans le milieu très fermé de la chasse sous-marine à grande profondeur, les mis-en-cause privilégiaient en effet les jours de tempête pour mener leurs raids destructeurs dans le cœur marin du parc, convaincus de l’impunité que leur procurait une météo exécrable. Or c’est justement par un temps à ne pas mettre un… braconnier dehors, que les chasseurs sous-marins ont été interceptés en flagrant délit; les policiers ayant non seulement utilisé les éléments déchaînés à leur avantage, mais également ménagé jusqu’au bout l’effet de surprise en opérant à bord d’un bateau pneumatique semi-rigide banalisé.

Joseph Russo, président régional de la Fédération nautique de pêche sportive en apnée.

La Fédération de pêche en apnée en première ligne 

L’annonce des “exploits” des quatre chasseurs sous-marins peu scrupuleux qui ont écumé le Parc des Calanques pendant des années, s’est répandue comme une traînée de poudre dans la rade de Marseille. Forte d’environ 300 adhérents -dont un grand nombre pratiquent leur passion dans les eaux du Parc national des Calanques-, la Fédération nautique de pêche sportive en apnée (FNPSA) a tenu pour sa part à exprimer sa satisfaction, à la fois de voir “les brebis galeuses” sanctionnées, et de constater l’engagement des autorités maritimes à faire respecter la réglementation dans cet espace naturel protégé.

Réglementation à la rédaction de laquelle le président de la FNPSA, Joseph Russo, tient à rappeler que sa fédération a collaboré très étroitement. “Que ce soit lors de nos sorties d’entrainement ou à l’occasion de compétitions, nous ne cessons de rappeler les règles en vigueur, notamment les quotas, les interdictions et la taille minimale des prises. Mais ceux qui sont impliqués dans cette affaire sont d’anciens chasseurs de haut niveau qui ont arrêté de pratiquer en club car ils savaient que nous ne cautionnerions jamais ce type de comportement”. Et le président Russo de mettre en garde ses propres adhérents : “Notre conseil d’administration a pris récemment un engagement très ferme: si l’un de nos membres devait faire un jour l’objet d’une telle procédure judiciaire, non seulement nous nous porterions aussitôt partie civile, mais nous lui demanderions également le versement de dommages et intérêts pour atteinte à l’image et la réputation de la fédération, et plus généralement, de tous ceux qui pratiquent en son sein la pêche sous-marine dans le respect des règles”.    

Philippe Gallini