Rencontre avec Patrick Brame, moniteur, président de la Ligue APCL, président des « Fines Flèches du bassin d’Arcachon » et responsable de la Commission Formation de la FNPSA

Ce mois, l’interview est consacrée à Patrick Brame qui n’a pas hésité à s’investir au sein de notre fédération. Patrick est un chasseur sous-marin expérimenté et passionné. Il est aussi un bénévole infatigable car il est Président de la Ligue Aquitaine, Poitou-Charentes, Limousin, Président du club local « les Fines Flèches du Bassin d’Arcachon» et membre du comité directeur national de la FNPSA en qualité de Responsable de la commission formation.

Le bénévolat est l’une des richesses de notre fédération et c’est pourquoi, nous avons décidé de le mettre à l’honneur avec plaisir.

Patrick Brame

Bonjour Patrick, peux-tu te présenter en quelques lignes ?

 Bonjour, je suis Patrick Brame, j’ai 54 ans, je suis un ancien officier de l’armée de l’air, en retraite depuis presque deux ans. J’habite à La Teste de Buch, ville qui borde la Bassin d’Arcachon. J’ai une fille de bientôt 25 ans et deux fils de 23 ans.

 Peux-tu nous parler de ton implication dans le milieu associatif ?

 Actuellement, mon engagement au sein de la FNPSA se situe à 4 niveaux.

– au niveau encadrement : je suis allé passer mon monitorat à Concarneau en novembre 2008. J’ai depuis organisé deux formations d’initiateur pour la ligue APCL.

– au niveau club, après avoir été secrétaire du club Abalone chasse Bordeaux de 2003 à 2010, les copains chasseurs et moi avons fondé le club des fines flèches du Bassin d’Arcachon, dont je suis le président.

– au niveau ligue, sous l’impulsion de Jean-Marc Casteigt, nous avons fondé la Ligue APCL en janvier 2007. J’en ai été le secrétaire jusqu’en janvier 2012, et en suis depuis le président.

– au niveau fédéral, je fais partie du comité directeur depuis janvier 2013, en charge de la formation.

En dehors de la FNPSA, je suis canotier à la station SNSM d’Arcachon – Sud Bassin depuis mai 2012.

 

sortie interclub
Départ pour une sortie interclubs hivernale au Bassin d’Arcachon

La chasse est ta passion, mais depuis quand pratiques-tu et qu’est ce qui t’a amené à pratiquer ce sport ?

 A seize ans, bien qu’habitant Lille depuis ma naissance, j’ai demandé une arbalète pour mon anniversaire. La lecture des exploits de Marcel Isy-Schwartz, racontés dans un vieux livre trouvé par hasard dans un carton y est pour beaucoup. Toutes mes vacances d’ado passées en Bretagne étaient autant d’occasions de rêver à ce cadeau extraordinaire. Et de 16 ans à 19 ans, mes seules expériences de chasse étaient les trois semaines en Bretagne, seul et sans combinaison. Au premier tir, je me suis pris le haut de la crosse dans l’œil !

Où chasses-tu principalement et quelles autres zones as-tu déjà pratiquées ?

 J’ai traîné mes palmes autour de Carry le Rouet où j’ai habité 8 ans.

Mes spots habituels sont le Bassin d’Arcachon, le Pays basque et Soulac. J’aime beaucoup les côtes bretonnes, Nord ou Sud, mais ne m’y déplace qu’occasionnellement.

 As-tu déjà fait des voyages de chasse ?

 Avec mon métier, j’ai eu l’occasion de chasser un peu au Sénégal et en Turquie, et de tremper mes PMT dans le Golfe Persique.

Sinon je n’ai fait qu’un seul séjour chasse, une semaine en Tunisie.

 Quel type de chasse préfères-tu ?

 La chasse en dérive en bateau dans le courant, qui permet de découvrir des jolis cailloux sans se fatiguer. Quels spectacles grandioses cela peut réserver…

 As-tu un poisson préféré, si oui pourquoi ? Et quel est selon toi le poisson le plus difficile à chasser ?

 J’aime chasser le bar, qui a des comportements bizarres : lunatique ou nerveux, mais toujours bon dans l’assiette. Et une mention spéciale pour le maigre, lui aussi excellent, que j’aimerais savoir mieux trouver.

Pour ceux qui n’ont pas de problème de profondeur ni d’apnée, le pagre est probablement le plus difficile.

Pour ceux qui ont une petite apnée, beaucoup de poissons sont souvent difficiles. Mais pas toujours…

 Ta plus belle prise selon toi ?

 Je me souviens d’une royale de probablement 6 kilos, prise au 75 trident MATC, qu’elle a tordu à 45°. De la dynamite.

 D’ailleurs as-tu des préférences de chasse : chasser le matin, le soir, profond, dans l’eau claire, en bateau, du bord…?

 J’aime aller chasser en bateau avec les copains et faire les deux étales. L’eau un peu sale ne me dérange pas, mais en dessous du mètre cinquante de visi, je n’y trouve plus aucun plaisir. Je n’aime pas la profondeur.

 Quelles sont tes qualités en chasse ? Techniques que tu maîtrises le mieux ? Profondeur à laquelle tu es à l’aise ? As-tu des points que tu dois encore améliorer ?

 J’ai une qualité : je me fous complètement d’être fanny. A tel point que je troque de plus en plus l’arbalète pour l’appareil photo. J’aime regarder le poisson arriver, surtout quand il est calme. Ça joue souvent des tours, mais bon, un poisson non tiré est un poisson qui n’a pas eu peur et qu’on reverra un jour ou l’autre.

Au-delà de 12 m, je ne suis plus vraiment à l’aise.

 Quel matériel utilises-tu en général? Combinaison ? Fusil préféré ?

 En dehors du Bassin, 95% du temps, je suis au 90 tahitienne de 6 mm, moulinet (un vieux carbone tête traditionnelle). Au Bassin, ce pourcentage baisse à 50%, car la visi impose souvent un 75 ou un 50.

Depuis que j’ai goûté au néoprène lisse sandwich, je ne l’ai plus quitté. Non pas pour sa souplesse, qui n’est pas meilleure que le néoprène + lycra, mais pour la chaleur qu’il préserve lors des déplacements en bateau. Veste en 7mm et pantalon en 5mm.

 Ton plus beau souvenir de chasse ?

 J’en citerai deux :

– Un jour où j’étais super décontracté, avec des apnées faciles, et que je suis tombé sur des jolies grottes pleines de gros bars calmes dans l’eau claire. A plusieurs reprises, ils sont venus me voir. Je n’ai pas tiré ce jour là, pour profiter au maximum du spectacle.

– Et bien sur cet après-midi en PMT sur le tombant bordant un îlot isolé au beau milieu du Golfe Persique. Là aussi, grande zénitude autour des barracudas, mérous mouchetés, grosses carangues, bancs de bonites, et même une grosse sériole.

 Ton plus mauvais souvenir de chasse ?

 Je n’en ai pas de particulier. Les jours où la décontraction ne vient pas sont souvent des mauvais souvenirs, car alors je n’arrive pas à voir de poisson.

Quelle prise préfères-tu avoir dans ton assiette  et cuisines-tu tes poissons ? Ta ou tes recettes préférées ?

 Gustativement, le lieu me plait le plus. Mais malheureusement il n’est pas fréquent sur nos côtes. Sinon les autres bons poissons sont la sole, la raie, le bar, la vieille, la royale. Et il n’y a pas que le poisson : araignées, pétoncles, St Jacques sont excellents.

La dernière recette qu’on m’a recommandée, qui est simple et exotique, est celle-ci :

Dans un faitout avec couvercle ou un grand plat pouvant aller sur le gaz, faire une marinade avec de l’huile d’olive, sel poivre, cumin, ail et citron. Laisser les filets (vieille, royale, bar,… tout est bon) mariner une demi-journée. Faire cuire légèrement au dernier moment en mettant le tout sur le feu. Attention, c’est meilleur quand ce n’est pas trop cuit. Accompagner avec du riz.

Les copains ont plein de recettes : sushis, sashimis, poisson fumé…

Depuis combien de temps pratiques tu la compétition et comment y es-tu venu ? Principales compétitions de pêche sous-marine auxquelles tu as participé, avec d’éventuels souvenirs ou bonnes places ?

J’ai fait mes premières compétitions pour me rendre compte de mon niveau et apprendre. Je n’en ai pas fait beaucoup. Deux sars d’argent, trois vieilles d’or, un mulet de bronze, une coupe d’Antibes et deux trophées nationaux en double. Chacune de ces compétitions a été l’occasion de rencontrer des chasseurs et de discuter pêche, poissons, coins… Mon meilleur résultat : un podium à la vieille d’or.

Equipe ACPL TN 2013
L’équipe ACPL lors du Trophée National 2013 à Saint-Raphaël

 Quel est ton palmarès ?

 Le palmarès n’est pas seulement  une affaire de compétition :

Formation de 13 initiateurs, organisation et encadrement de huit sorties club par an depuis 2010, organisation de deux sélections régionales et un trophée national (annulé).

Qu’est ce qui te fait encore rêver actuellement et as-tu des objectifs pour 2013/2014 ?

 En pêche, la découverte de nouveaux spots me fait toujours rêver.

Pour ce qui est des objectifs 2014, ce sera :

– au niveau club, bien gérer les nouveaux adhérents attirés par les créneaux fosse de plongée. L’ambiance doit rester pêche, convivialité et sécurité.

– au niveau ligue, bien organiser les sélections régionales 2014 et faire une formation moniteur et initiateur.

– au niveau formation fédérale, encourager les ligues à organiser des formations, finaliser le nouveau référentiel de formation (4 niveaux d’encadrement : initiateur piscine, moniteur 1er degré, moniteur 2nd degré et instructeur), finaliser la nouvelle formation secourisme spécifique pêche et mettre en place une formation commissaire.

 Si tu t’adressais à un débutant venant te voir pour apprendre la chasse et s’inscrire aux fines flèches que lui dirais-tu ? Quel conseil lui donnerais-tu?

 Je lui dirais ce que je dis à tous ceux qui me contactent : ce n’est pas facile d’apprendre au Bassin, et vous avez cent fois raison de venir au sein du club : vous pourrez bénéficier de 2 cours de formation et une sortie chasse par mois, de 10 sorties apnée en fosse de 20 m sur la saison, et profiter des deux moniteurs et cinq initiateurs pour vous aider à progresser en toute sécurité.

Le mot de la fin !

La FNPSA est la seule fédération qui permet la compétition. De ce fait, elle motive de nombreux pêcheurs de haut niveau.

J’encourage les compétiteurs, qui ont une grande aisance en apnée et une connaissance pointue  des poissons, à se lancer dans l’encadrement. Cela demandera un effort : disponibilité pour acquérir les compétences en secourisme, sécurité, responsabilité, organisation, pédagogie. Mais une fois le diplôme en poche, vous pourrez aider votre club en encadrant les jeunes en toute sécurité.

sortie interclubs
Retour d’une sortie interclubs estivale à Soulac : les fines flèches du Bassin d’Arcachon et le Donibane Urpeko Kirolak, nouveau club de Cibourre-Saint Jean de Luz