Rencontre avec Laurent Lescop, le président de l’Agachon Tranquille … de « Brest-même »

Ce mois, l’interview est consacrée à un jeune chasseur qui n’a pas hésité à s’investir pour les autres en prenant des responsabilités ce qui n’est pas si fréquent dans notre monde à tendance consumériste. C’est pourquoi, nous avons décidé de le mettre à l’honneur avec plaisir.


Bonjour Laurent, peux-tu te présenter en quelques lignes ? (Nom, prénom, âge, métier, où habites-tu, …)

Laurent Lescop, 27 ans, marié, papa d’une adorable fille de 18 mois, j’habite à Lesneven et suis inspecteur en contrôle électrique et pompier volontaire.

Peux-tu nous parler de ton implication dans le milieu associatif ? (fonction au sein de l’agachon, et autres activités associatives…)

Il y a environ 6 ans que je me suis inscrit à l’Agachon Tranquille, club de chasse sous-marine de Brest, pour perfectionner mes techniques. D’années en années mon attachement pour celui-ci n’a cessé d’augmenter. Au bout de deux ans, je suis passé initiateur de chasse sous-marine, épaulé d’Eric Gérault, Ghislain Guillou et Yohann Greiner. La troisième année, le poste de président se libérant et après une longue conversation avec François Talarmin, membre fondateur du Club et président historique, je me suis porté candidat à la présidence. Ensuite tout s’est enchaîné, engagé à la tête du plus gros club de Bretagne ma première décision a été de mettre en place des formations d’initiateur pour encadrer nos séances de piscine qui se déroulent le lundi et mercredi soir à la piscine de recouvrance à Brest mais aussi pour garantir la sécurité de nos sorties club (une par mois environ). A ce jour nous comptons 3 moniteurs de chasse sous marine : Ghislain Guillou, Eric Gérault et François Talarmin et 6 initiateurs : Thierry Charreteur, Yohann Greiner, Didier Nedelec, Mathieu Guillard, Geoffrey Geyer et moi-même.

Le nombre d’adhérents ne cesse d’augmenter d’année en année et en 2013 nous sommes 70 pêcheurs sous-marins. Pour y adhérer, il faut se rendre chez loisir 3000 au Port de Brest et demander Geoffrey Geyer ou François Talarmin. Pour plus de renseignements, voici mon adresse mail : laurent.lescop@voila.fr

 La pêche sportive en apnée est ta passion, mais depuis quand pratiques-tu et qu’est ce qui t’a amené à découvrir ce sport ?

 Je pratique depuis l’âge de 14 ans, c’est avec mes deux frères  que j’ai commencé à Lampaul Plouarzel et à l’âge de 16 ans  ils m’ont offert ma première arbalète. Je me rappelle mon premier poisson, une vieille de 600 gr capturée avec une arbalète de 50 cm et des sandows très très vieux à tel point que quand je l’ai tirée, la flèche n’est pas rentrée. Elle a ricoché sur sa tête et l’a assommé, je l’ai donc récupéré à la main…

Où chasses-tu principalement et quelles autres zones as-tu déjà pratiquées ? 

 Je suis un amoureux de la côte Nord ! J’adore ce secteur, tu peux y pêcher profond ou non,  traquer des lieux, bars, poissons plats, dorade. J’aime aussi découvrir de nouvelles zones à la recherche de nouveaux spots que peu de monde connaît.

Je me déplace dans toute la France pour les compétitions ce qui m’a permis d’évoluer en chasse sous marine et de connaître d’autres chasseurs. Cela m’a également permis de comprendre la réaction des poissons selon le milieu où ils vivent et m’adapter à des secteurs différents de la pointe Bretagne.

 As-tu déjà fais des voyages de chasse ?

 Non pas encore, mais j’aimerais aller pêcher vers le Maroc ou l’Australie

 Quel type de chasse préfères-tu ?

 J’aime tout, raguer à trou, l’agachon, la coulée et l’indienne. J’ai tout de même une légère préférence pour l’indienne et l’agachon, c’est une pêche qui me convient bien.

 

As-tu un poisson préféré, si oui pourquoi ? Et quel est selon toi le poisson le plus difficile à chasser ?

 Mes poissons préférés sont le lieu jaune et le bar.

  • Le lieu jaune pour sa chair tendre et inégalable et parce qu’il faut trouver où il se cache, mer haute, basse, dans le courant ou non.
  • Le bar car je trouve que c’est un poisson imprévisible et intelligent.

Je pense que la Dorade Royale est le poisson le plus difficile à chasser car il est vif et difficile à capturer.

 Ta plus belle prise selon toi ?

 Il y a trois ans j’ai fait un lieu de 8,5kg c’est mon plus gros pour le moment.

 D’ailleurs as-tu des préférences de pêche : le matin, le soir, profond, dans l’eau claire, en bateau, du bord…?

 Je préfère la pêche en bateau ce qui me permet de changer de spot plus facilement si le poisson n’est pas au rendez-vous et pour chercher de nouveaux coins. Je n’ai pas de préférence pour la chasse du matin, ou du soir  tout dépend du poisson que tu veux attraper.

 Quelles sont tes qualités ? Techniques que tu maîtrises le mieux ? Profondeur à laquelle tu es à l’aise ? As-tu des points que tu dois encore améliorer ?

Je chasse en 0 et 25 mètres  mais je suis plus à l’aise sur 20 m pour le moment. Je pense que aucun chasseur n’est parfait, on s’améliore de sortie en sortie et en chassant avec des pêcheurs plus expérimentés.

 Quel matériel utilises-tu en général? Combinaison ? Fusil préféré ?

 Je chasse avec une combinaison camouflée, je trouve que sa souplesse et sa couleur correspondent bien à mes attentes et au fond sous marin en Bretagne,  elle se fond dans le décor. Pour le fusil tout dépend du type de chasse, pour l’indienne et l’agachon mon fusil préféré est un 110 avec moulinet, je trouve que c’est l’arme idéale pour chasser le lieu et le bar.

 Ton plus beau souvenir de chasse ?

 Mon plus beau souvenir en chasse est la vision de mon premier gros banc de bars en 2011 au large de Lampaul, tous calibrés entre 3 et 6 Kg.

 Ton plus mauvais souvenir de chasse ?

 A mes débuts je chassais avec mon frère Stéphane sur lampaul plouarzel, il arrive à pêcher une grosse vieille de 3 kg , toujours sur la flèche, il m’appelle fier de lui et là qui je vois débarquer sous mes palmes une grosse ombre noire qui va en sa direction et là hop ! un phoque qui lui arrache son poisson des mains en lui embarquant flèche et fusil : j’ai eu une peur « noire » et c’est la première fois que je voyais un phoque de si près.

Quelle prise préfères-tu avoir dans ton assiette  et cuisines-tu tes poissons ? Ta ou tes recettes préférées ?

 Je préfère avoir un bon lieu jaune, bar ou raie dans mon assiette qu’une dorade ou un sar. Oui je cuisine mes poissons soit entiers ou en filets.

Ma recette préférée est un lieu cuit au court-bouillon  avec des pommes de terre et une petite mayonnaise maison.

Depuis combien de temps pratiques tu la compétition et comment y es-tu venu ?

Cela fait maintenant 6 ans que je pratique la compétition et c’est grâce à François Talarmin que j’ai commencé. Il me disait : tu verras il y a de la place pour tout le monde et ça permet de rencontrer et partager avec d’autres compétiteurs. C’est vrai que lors de nos déplacements, nous réservons un logement tous ensemble et l’ambiance est très chaleureuse, le moment que je préfère c’est le soir après une bonne journée de repérage, nous nous réunissons autour d’un bon plat de pâtes ou une pizza et on ne parle que de pêche sous-marine, on essaye en vain de savoir si les autres ont trouvé du poisson.

 Quelles sont tes meilleurs places ?

– 9ème au championnat de France en double à Antibes avec François Talarmin en 2009
– 5 ème au lieu d’or 2010
– 6 ème de la Coupe de France 2010
– 7 ème de la BZH 2013

Qu’est ce qui te fait encore rêver actuellement et as-tu des objectifs pour 2013/2014 ?

 Mon objectif 2014 est de passer Moniteur de chasse sous marine et ce qui me fait rêver c’est de détrôner les piliers de l’Agachon Tranquille en compétition (à prendre avec humour bien sûr).

 Si tu t’adressais à un débutant venant te voir pour apprendre la chasse et s’inscrire à l’agachon tranquille, que lui dirais-tu ? Quel conseil lui donnerais-tu?

 Ne pas baisser les bras, c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Et venir avec une grosse dose d’enthousiasme, persévérer et se dire que l’on apprend à chaque sortie. Ensuite il faut qu’il participe à un maximum de compétitions en France pour avoir une vision générale de la chasse sous-marine

Le mot de la fin !

La chasse sous-marine est un sport magnifique qui m’a permis de découvrir une multitude de fonds marins différents et de connaître un grand nombre de chasseurs qui sont devenus des amis. Si elle est pratiquée avec prudence (par exemple ne jamais chasser seul, prévenir quelqu’un du lieu de chasse et l’heure de retour, connaître ses limites), elle donne des sensations inoubliables que je n’ai pas trouvées ailleurs.