Il est temps de se regrouper !

Presque 10 ans après sa création, la FNPSA souhaite toujours être le moteur du rassemblement des chasseurs sous-marin français. La FNPSA a été créée en 2002 sous l’impulsion du cabinet du ministre de la Jeunesse, des sports et de la vie associative, Jean-François Lamour. Il était alors apparu que le différend qui opposait la pêche sous-marine et la fédération de tutelle, la Fédération française d’études et de sports sous-marins (FFESSM), chargée de son développement et de son organisation, était insoluble. Ainsi encouragée, la FNPSA, attachée à une pratique libre et éco-responsable, s’est alors donnée pour but de rassembler tous les chasseurs de tous les horizons.

1. Des avancées décisives
Depuis 2002, deux rapports d’inspection générale du ministère des Sports ont été déposés. Le premier, en avril 2004, par Hervé Madoré, traitait du conflit entre la FFESSM et la pêche sous-marine. Le second, en juillet 2010, par Roland Blanchet et Henry Boerio, traitait à nouveau de la FFESSM et de la situation générale de la plongée en France. Ce second rapport, rédigé par deux hauts fonctionnaires indépendants et remis au ministre, préconise d’accorder la délégation de pouvoir de l’État à la FNPSA pour la discipline « pêche sous-marine » (*). Ce rapport est donc décisif. Autre décision de grande portée : l’arrêt du conseil d’État qui a annulé l’arrêté du ministre donnant délégation de pouvoir de l’État à la FFESSM.

2. Le champ du possible
Cet arrêt de la plus haute juridiction de l’ordre administratif français et ce rapport d’inspection générale constituent des avancées capitales. Ils ouvrent le champ du possible vers un nouveau monde, un nouveau paysage, un nouveau rivage, où les pratiques récréatives libérées et garanties, génératrices de flux financiers supérieurs pour la communauté nationale à ceux de la pêche professionnelle pour un même prélèvement en milieu sauvage, seraient davantage valorisées. Dans une société toujours plus urbanisée et coupée de ses racines, une telle évolution est évidemment irréversible.

3. Les conditions du succès
Avec plus de 70 000 pratiquants, la pêche sous-marine doit se structurer et disposer de sa propre fédération.  Nous sommes là pour forger les conditions de la victoire. L’agrément du ministère est primordial. Au quotidien, il signifie la possibilité d’obtenir des aides des directions départementales des sports, de promouvoir la discipline, de défendre ses adhérents, de se regrouper avec les fédérations étrangères pour faciliter les démarches administratives et règlementaires, l’accès aux piscines pour nos clubs, etc. La FNPSA a notifié son mémoire en demande d’agrément et de délégation au ministère des Sports. Nous irons jusqu’au bout.  Qu’il pratique de manière indépendante ou en structure, aucun chasseur ne doit rougir de ses prises, de sa pratique qui est le mode de prélèvement le plus écologique qui soit. Si besoin est, nous déposerons un nouveau recours auprès du conseil d’État. Et nous gagnerons !

4. Il est temps de se rassembler !
Ma conviction est que les mois à venir vont être décisifs. En 2012, le ministère des Sports va examiner les demandes de renouvellement de délégation de toutes les fédérations sportives françaises pour la prochaine olympiade (2013/2016). Aussi, je vous demande de venir nous rejoindre au plus vite, l’union fait la force. Il y a quatre profils de pêcheurs sous-marins.
– Les indépendants, qui n’ignorent pas que le ministère de la Mer prépare l’encadrement des pêches de loisir, la création de parcs marins, d’aires marines protégées. Ils attendent !
– Les 500 adhérents de la Fédération pêche sous-marine passion (FCSMP). Ils sont très actifs au ministère de l’environnement et pour la défense de notre discipline sur le terrain. Ils sont très courageux, mais s’épuiseront petit à petit, tant le combat est difficile et le soutien des pêcheurs insignifiant. Ils ne sont pas suffisamment structurés pour devenir une fédération agréée, ce n’est pas leur vocation. Mais ils ont leur place dans la nouvelle fédération des chasseurs.
– Les adhérents de la FFESSM. Notre discipline n’a aucun avenir dans cette fédération malgré l’enthousiasme de quelques persévérants qui préfèrent « lutter en interne ». Jamais on ne pourra se faire entendre, car jamais un pêcheur sous-marin ne pourra être élu président de cette fédération, tant le nombre de pratiquants en plongée bouteille est supérieur au nombre de pêcheurs.
– Les adhérents de la FNPSA, presque 3 000. La plupart sont licenciés dans des clubs qui organisent des formations, des sorties, des entrainements en piscine l’hiver et parfois des compétitions amicales. Les dix ligues régionales assurent l’organisation des compétitions officielles, la coupe de France et le Trophée National. Chaque année notre fédération connaît une progression du nombre des adhérents et donc de ses structures.

5. L’avenir
Le travail accompli en huit ans permet de présenter un ensemble organisé, unique en France pour la discipline, ce que constate le rapport Blanchet-Boerio. Mais un rapport seul n’emporte pas le succès. 3 000 adhérents pèsent peu ; 10 000 adhérents organisés, ou plus, sont incontournables, surtout s’ils participent à un projet commun. Tel est le défi que je vous lance, à chacune et chacun d’entre vous. N’y a-t-il pas en France 10 000 pêcheurs sous-marins pour relever ce défi ? Vous êtes l’un d’entre eux… À chaque sortie, vous réussissez des exploits plus difficiles, loin des cameras et du public. L’avenir est entre vos mains. Vous seul, personnellement, détenez la clef de l’avenir. Aidez-moi, aidez-nous à réussir quelque chose de grand !

Aujourd’hui nous marquons nos prises. Demain, on nous contraindra peut-être à souscrire à un vrai permis… Avec la création d’aires marines protégées, la pêche sous-marine sera de plus en plus règlementée. Alors le permis, pourquoi pas ? S’il nous oblige à nous regrouper au sein de notre fédération, nous pourrons enfin nous compter. Nous pourrons mieux nous défendre, nous organiser et indemniser les bénévoles qui s’impliquent, se déplacent dans l’intérêt de la communauté. Nous pourrons améliorer notre sécurité, former et informer les pratiquants, promouvoir cette discipline merveilleuse.

Ami lecteur d’Apnéa, amis pêcheurs sous-marins, nous avons besoin de vous, de votre soutien, de vos connaissances ! Notre destinée dépend de chacun d’entre nous. C’est demain, avec vous, que tout se décide.
Ensemble, réenchantons la chasse sous-marine !

Jean-Marc Casteigt, président de la FNPSA

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